DPC 2026 : ce que le rapport de l’ANDPC change pour votre organisme de formation

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Mise à jour Avril 2026.

Le 23 juillet 2025, l’ANDPC a publié son rapport d’activité pour 2024. Un document dense, riche en signaux et qui mérite d’être lu attentivement par tout directeur d’organisme DPC. Parce qu’il confirme à la fois la solidité du dispositif et les exigences croissantes qui pèsent sur les ODPC, notamment sur le e-learning. Dokeos, plateforme LMS référence dans le secteur DPC, s’est entretenu avec Sabine Cohen-Hygounenc, Directrice des relations avec les usagers, de l’accompagnement et de la promotion du DPC. Elle revient sur les chiffres clés et les priorités de l’Agence. Mais avant de lui donner la parole, voici ce que ces données signifient concrètement pour votre organisme.

Ce que les chiffres disent — et ce qu’ils impliquent

Trois données du rapport 2024 méritent une attention particulière.

+13,9 % d’inscriptions en 2024. C’est la deuxième année consécutive de progression historique. Le DPC progresse, la demande est réelle. Pour les ODPC qui résistent à la contraction budgétaire, c’est un signal positif : les professionnels de santé s’inscrivent davantage, et régulièrement.

50,3 % des inscriptions concernent des actions à distance. Le e-learning représente désormais la majorité des inscriptions. Les professionnels de santé — infirmiers libéraux, médecins, kinésithérapeutes — plébiscitent le format distanciel parce qu’il s’adapte à leurs contraintes de tournée et de planning. Le présentiel ne représente plus que 22,6 % des actions.

Mais le e-learning ne représente que 19,4 % de l’offre disponible. C’est l’écart le plus significatif du rapport. La demande en distanciel est massive, l’offre ne suit pas. Pour les ODPC capables de proposer des programmes e-learning de qualité — réellement interactifs, conformes aux exigences de l’Agence — c’est une opportunité directe. La condition : répondre aux exigences techniques et méthodologiques que l’ANDPC impose, et qui éliminent les organismes qui ne s’y conforment pas.

L’entretien avec l’ANDPC

Dokeos : L’année dernière, 178 511 professionnels de santé financés par l’Agence du DPC se sont inscrits à au moins une action de DPC. Quel bilan faites-vous de 2024 ?

Sabine Cohen-Hygounenc : 2024 marque la deuxième année consécutive de progression historique pour le DPC, avec une belle hausse de 13,9 % du nombre d’inscriptions. J’explique cette croissance surtout grâce à la maturité du dispositif. De plus en plus de professionnels de santé connaissent le DPC et s’y inscrivent régulièrement. Contrairement à ce qui a été dit récemment, les orientations prioritaires 2023-2025 sont définies par l’Etat et les CNP et la hausse des inscriptions montre qu’elles répondent à une part importante des enjeux de formation des professionnels. Fait notable : nous sommes au milieu du cycle triennal, période où les inscriptions augmentent traditionnellement plus progressivement. Cette année, elles ont démarré très haut.

L’année dernière, ce rapport d’activité était publié en septembre. Il est aujourd’hui publié en juillet. Quel message souhaitez-vous faire passer à travers la publication de ce rapport de l’année 2024 ?

Ce message est clair : le DPC fonctionne et l’Agence s’est pleinement mobilisée pour être à la hauteur des missions qui lui ont été confiées. Ce rapport d’activité le démontre, chiffres à l’appui.

Comme en 2023, la pratique du e-learning est en hausse auprès des professionnels de santé. Plus de la moitié des inscriptions (50,3 %) concernent des actions de DPC à distance. Les actions intégralement présentielles ne représentent plus que 22,6 %. Mais les actions e-learning ne constituent que 19,4% de l’offre disponible. Comment expliquez-vous cette distorsion entre l’offre et la demande ?

Nous l’indiquions déjà pour 2023. Le format en e-learning correspond à une évolution des besoins des professionnels de santé qui sont très mobilisés par leur activité et qui concrètement, n’ont pas le temps pour se former en présentiel. Le distanciel est un gain de temps. Le distanciel permet aussi d’utiliser de nouvelles techniques d’apprentissage. Ceci explique le fait que les professionnels plébiscitent le e-learning au détriment du présentiel. Les organismes DPC historiques ont une tradition de formation en présentiel. Le passage au e-learning nécessite de nouvelles compétences et de nouveaux outils. On ne construit pas de façon pédagogique de la même façon un programme en e-learning qu’un programme en présentiel.

Au début du e-Learning, il existait de nombreux dépôts d’actions inadaptés, que l’Agence rejetait systématiquement. Nous demandons des actions à l’interactivité approfondie. Il est hors de question de valider des actions distancielles où le médecin, l’infirmier ou l’orthophoniste restent passifs devant leur écran à cliquer (ou pas) sur un tutoriel. En effet, le e-learning efficace ne se résume pas à un diaporama : il suppose une progression pédagogique claire, des tests, de l’échange. L’arrivée de nouveaux organismes qui maitrisent mieux les techniques en e-learning a fait évoluer les pratiques dans la bonne direction mais il faut rester vigilant. En juin, nous avons publié en ce sens une fiche méthodologique sur le e-learning à l’attention des ODPC.

Par le passé, l’ANDPC a souvent été critique de la qualité des dépôts par les ODPC. Depuis, l’Agence a-t-elle changé de discours ?

Depuis plus d’un an, nous avons clairement renforcé notre accompagnement auprès des organismes. Et cela paie. L’Agence a produit des fiches pratiques pour expliciter les méthodes HAS, organisé des webinaires (jusqu’à 800 participants par session) et mis l’accent sur les EPP (Évaluations des Pratiques Professionnelles), encore insuffisamment maîtrisées. Ces outils ont clairement permis une amélioration de la qualité des programmes, même si des marges de progrès demeurent, notamment sur les audits, les simulations et les vignettes cliniques. Il existe encore un écart important entre le nombre de dépôts et leur publication, mais il tend à se réduire.

Vous notez toujours la faiblesse de la qualité des EPP produites par les ODPC. Expliquez-nous. Qu’est-ce qui pèche encore ?

Les EPP sont plus complexes à concevoir et à mettre en place que de la pure formation continue et elles demandent des compétences méthodologiques spécifiques. Les sessions sont pour certaines méthodes plus longues ; par exemple, un audit clinique impose minimum trois mois entre les deux tours. Pourtant, les EPP sont bien plus efficaces pour faire améliorer les pratiques que la formation continue classique, davantage pertinente pour l’apprentissage.  C’est pour cela que l’Agence continue de les encourager, via un meilleur remboursement et un plafonnement de la formation continue dans le cycle triennal. Les professionnels devront donc s’orienter de plus en plus vers les EPP pour répondre à leur obligation.

12 ODPC ont été désenregistrés en 2024 pour cause de fraude. Le ménage a-t-il été fait sur les fraudeurs ?

Le ménage a été fait, mais il est loin d’être terminé, c’est un travail permanent. Et 19 autres organismes ont été désenregistrés à cause d’évaluations défavorables récurrentes ou à cause du non-respect des critères qualité. Depuis des années, nous avons imposé aux ODPC de fortes exigences afin de garantir la validité scientifique des contenus. Cela a été assez dur à assimiler et c’est ce que l’on nous a beaucoup reproché. C’est un vrai changement de culture. Mais l’objectif reste la qualité, aussi bien sur les contenus d’un point de vue scientifique, que sur les méthodes que sur le déroulement pédagogique. Le DPC doit rester un dispositif crédible, garantissant des formations de qualité aux professionnels de santé. Le législateur nous a confié une mission de contrôle ultra-exigeante pour que les professionnels se forment sur des actions de qualité, ce qui n’existe nulle part ailleurs et il me semble que nous avons œuvré largement pour assainir le marché. La cour des comptes a d’ailleurs souligné que nous étions les seuls.

TCS, audits, vignettes : quelle évolution l’Agence imagine pour les méthodes d’EPP en DPC?

Les EPP sont d’ores et déjà mieux rémunérées, ce qui encourage les organismes à en proposer davantage et par ricochet, les professionnels à en réaliser davantage. Donc les modalités d’incitation existent déjà. Notre accompagnement vise à ce qu’elles soient déployées à bon escient et de façon pertinente par les ODPC qui parfois, choisissent par opportunisme de concevoir une EPP. Je ne pense pas à ce stade qu’on puisse aller beaucoup plus loin, ni qu’on doive privilégier telle ou telle méthode plus que telle autre. En effet, les méthodes ne sont pas interchangeables, cela dépend de l’objectif pédagogique, du public cible et de la thématique visée. L’essentiel pour l’Agence reste la qualité scientifique et méthodologique du programme et son adaptation aux objectifs de mise à jour des connaissances ou de transformation de pratique.

Ce que cela implique pour votre LMS

L’entretien avec Sabine Cohen-Hygounenc met en lumière trois exigences techniques que beaucoup d’ODPC sous-estiment au moment de choisir ou d’évaluer leur plateforme.

Les logs horodatés, condition non-négociable. L’ANDPC s’appuie sur les données de connexion pour valider les actions et déclencher la facturation. Heure et date de connexion, heure et date de déconnexion par apprenant, par session, par formation : ces données doivent être exportables précisément, dans le format attendu. Un organisme DPC spécialisé dans la formation des infirmiers libéraux a quitté sa plateforme précédente précisément pour cette raison. Son administratrice e-learning : « Pour le DPC, les logs c’est obligatoire : on était en galère avec ça et ça ne passait pas au niveau de la facturation. Avec Dokeos, on n’a plus à paramétrer quoi que ce soit. »

L’audit clinique avec mesure des écarts à 3 mois. C’est la méthode EPP la plus utilisée en e-learning DPC, et elle impose une architecture pédagogique précise : un premier tour d’audit, une formation continue, un second tour trois mois plus tard. Le LMS doit pouvoir imposer cette temporalité: bloquer l’accès au second tour jusqu’à la date prévue, conserver les données du premier tour intactes pour la comparaison. Un organisme DPC spécialisé dans la formation des médecins et paramédicaux a choisi Dokeos précisément pour cette capacité. Son directeur de pôle formation : « Mesurer les écarts, c’est très important pour nous. On utilise le module d’audit clinique, qui nous permet de poser les questions au premier tour et de comparer trois mois après pour voir s’il y a eu une amélioration. »

La conformité des exports réglementaires. Au-delà des logs, la facturation DPC repose sur des exports structurés, conformes aux attendus de l’Agence. Un LMS qui oblige l’équipe administrative à croiser plusieurs fichiers pour produire un rapport exploitable n’est pas adapté au volume de sessions que gèrent les ODPC actifs. C’est l’un des chantiers en cours chez Dokeos : des exports enrichis, filtrables par groupe et par session, pour réduire le temps de retraitement.

Ce que 2026 change pour les ODPC

Le contexte budgétaire du DPC reste incertain. La suppression de l’indemnité de perte de ressources pour les formations e-learning a eu un impact direct sur les inscriptions de certains organismes. La certification périodique se précise avec un référentiel en quatre axes pour les infirmiers mais les modalités de financement restent floues.

Dans ce contexte, les ODPC qui résistent sont ceux qui disposent d’une offre diversifiée (présentiel, e-learning, CPF) et d’un LMS qui leur permet de piloter cette complexité sans alourdir leurs équipes. Deux personnes qui gèrent plusieurs centaines d’apprenants, des sessions bimensuelles, des exports réglementaires réguliers : c’est la réalité opérationnelle de nombreux organismes DPC. Le LMS doit rendre cela tenable pas rajouter des étapes.

Pour aller plus loin

Dokeos accompagne les organismes DPC depuis plus de dix ans. Logs horodatés, module d’audit clinique, parcours avec temporalité imposée, exports réglementaires : ces fonctionnalités ont été développées en étroite collaboration avec des ODPC actifs, en réponse aux exigences concrètes de l’Agence.

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FAQ

Dokeos est-il reconnu par l’ANDPC ? Dokeos n’est pas certifié par l’ANDPC car l’Agence ne certifie pas les LMS. En revanche, Dokeos est utilisé par de nombreux ODPC enregistrés auprès de l’Agence, et ses fonctionnalités ont été développées pour répondre aux exigences réglementaires du DPC.

Que sont les logs DPC et comment Dokeos les gère-t-il ? Les logs DPC désignent les données de connexion et déconnexion de chaque apprenant, avec horodatage précis. Dokeos propose deux types d’exports : un export réglementaire et un export avec temps de connexion détaillé, directement accessibles depuis l’interface administrateur.

Dokeos supporte-t-il le module d’audit clinique ? Oui. Le module d’audit clinique intégré sur Dokeos permet de créer des grilles d’évaluation en deux tours, avec mesure des écarts. Le parcours de formation peut être configuré pour imposer un délai minimum de trois mois entre le premier et le second tour.

Qu’est-ce que le TCS et Dokeos peut-il le prendre en charge ? Le Test de Concordance de Script est une méthode EPP qui évalue le raisonnement clinique face à des situations d’incertitude. C’est l’une des méthodes les plus efficaces pour les médecins et paramédicaux. Sa prise en charge sur Dokeos LMS est possible grâce à l’intégration avec l’outil Wooclap.

Comment Dokeos aide-t-il à préparer la certification périodique ? La certification périodique impliquera probablement des parcours mixtes sur 6 ans. Dokeos accompagne ses clients ODPC dans l’anticipation de ces évolutions — architecture des parcours, traçabilité des actions, diversification des méthodes pédagogiques.

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