IA en formation : ce que le marché veut vraiment en 2026

Dokeos Learning technologies

87 conférences consacrées à l’IA en deux jours. C’est le chiffre du Learning Technologies 2026, le salon de référence du e-learning européen, tenu à Paris fin janvier. Coaching apprenant, génération automatique de contenus, agents conversationnels, détection de décrochage : l’IA était partout, sur tous les stands, dans toutes les keynotes.

Et pourtant, sur ces mêmes stands, les visiteurs posaient d’autres questions. Pas « avez-vous une IA ? » mais « est-ce que ça s’intègre à notre SIRH ? », « comment on exporte les reportings ? », « combien de temps pour former notre équipe RH ? »

Ce décalage entre l’offre et la demande dit quelque chose d’important sur l’état réel du marché en 2026. Et sur ce qui fait réellement la différence pour les organisations qui forment.

L’IA est devenue un standard et c’est justement pour ça qu’elle ne différencie plus

Lors du Learning Technologies 2026, l’IA n’était plus un sujet émergent. Elle était partout, intégrée à quasiment toutes les plateformes présentées : LMS, outils auteurs, TMS, ERP formation. La génération de quiz, les suggestions de parcours, les chatbots pédagogiques, ces fonctionnalités sont désormais proposées par la grande majorité des éditeurs.

Philippe Lacroix, co-fondateur d’ILDI, cabinet de conseil en e-learning, résume bien la dynamique : « Les acteurs n’ont plus le choix sur l’IA et se posent la question du comment. » Mais il constate dans le même temps qu’il y a encore peu de produits qui ont une couche IA globale, cohérente sur toutes les strates du logiciel.

La conséquence est contre-intuitive. Devenue un standard, l’IA cesse d’être un argument différenciant. Philippe Lacroix l’illustre ainsi : « Dans ma cuisine, mon grille-pain est électrique, mon four est électrique, ma plaque de cuisson est électrique. On sait très bien qu’il y a de l’électricité derrière tous ces appareils et ce n’est plus un sujet. » L’IA suivra le même chemin. Ce sera une commodité, une infrastructure invisible pas un argument de vente.

Michel Diaz, éditeur de la e-learning letter, l’avait anticipé dès 2025 : les meilleures plateformes ne mettent pas l’IA en vitrine. Plus elle est invisible et utile, plus elle est efficace.

Ce que les visiteurs du salon cherchaient vraiment

Le décalage entre l’offre et la demande au Learning Technologies était saisissant. D’un côté, des stands qui rivalisaient de démonstrations IA. De l’autre, des visiteurs, directeurs formation, responsables pédagogiques, DRH, qui posaient des questions très concrètes sur leurs enjeux opérationnels.

« Le grand enseignement du salon, c’est la course au featurisme », estime Julien Paquet, Marketing Advisor de Dokeos. Chaque éditeur a mis en avant ses nouvelles fonctionnalités, notamment sur l’IA, sans s’intéresser aux enjeux réels de ses clients, à leurs problématiques métier, aux contraintes de leurs secteurs.

Or les visiteurs du Learning Technologies ne se sont pas déplacés pour acheter un logiciel qui génère des quiz. Qu’ils soient directeurs de CFA ou DRH d’une ETI, ils cherchent à répondre à des enjeux métier précis : réduire le temps administratif de leurs équipes, piloter les formations obligatoires sans ETP dédié, connecter leur LMS à leurs outils RH existants, produire un reporting que leur direction peut lire sans formation technique préalable.

« Les fonctionnalités IA sont plutôt demandées par les ingénieurs et concepteurs pédagogiques que par les formateurs », confirme Philippe Lacroix. Ce n’est pas un signal négatif sur l’IA, c’est un signal de maturité sur la demande. Les organisations qui forment savent ce dont elles ont besoin au quotidien. Et ce n’est pas toujours ce que les stands mettaient en avant.

Ce que nos clients nous disent et ce qu’ils ne nous disent pas

Cette observation du salon trouve un écho direct dans les interviews clients que Dokeos mène régulièrement. Quand on demande à un responsable formation ou à un administrateur LMS quelles sont ses priorités pour 2026, l’IA arrive rarement en tête.

Ce qui remonte, ce sont des enjeux très concrets : des exports filtrables par groupe et par session pour ne plus croiser trois fichiers Excel manuellement, une meilleure gestion des rôles et des droits d’accès, une interface administrateur plus lisible, des relances apprenants mieux paramétrées.

L’IA, elle, revient surtout dans les cycles de vente portée par les prospects en phase de sélection. C’est un critère d’évaluation plus qu’un critère d’usage quotidien.

Ce n’est pas que l’IA ne soit pas utile. C’est que la question pertinente pour un acheteur n’est pas « avez-vous de l’IA ? » mais « quelle friction cette IA résout-elle concrètement dans mon quotidien ? »

Le featurisme : un risque réel pour les éditeurs et les acheteurs

« Je pense que le featurisme est très dangereux pour les entreprises », poursuit Julien Paquet. Les éditeurs qui se focalisent sur leur logiciel et leurs fonctionnalités, au détriment du marché et des besoins exprimés, prennent un risque stratégique.

Raphael Droissart, co-fondateur d’EdFlex, le formule clairement : « Une IA devient réellement utile en formation lorsqu’elle est pensée comme une brique au service d’un parcours pédagogique, et non comme une finalité. »

Pour les acheteurs, le risque symétrique est de sélectionner un LMS sur la base de fonctionnalités IA impressionnantes en démo, qui ne seront jamais utilisées en production, pendant que des besoins opérationnels fondamentaux restent non couverts.

Le conseil d’administration d’une entreprise ne demande pas un LMS avec de l’IA. Il demande la preuve que les collaborateurs montent en compétences, dans le cadre réglementaire, à un coût maîtrisé. L’outil tech reste un moyen, pas une fin.

L’approche best-of-breed s’impose comme standard

Troisième enseignement du salon : la maturité de l’approche best-of-breed. Plutôt que de chercher un outil unique qui ferait tout, LMS, TMS, SIRH, signature, outil auteur, les organisations construisent des écosystèmes de solutions spécialisées, bien intégrées entre elles.

« S’il y a encore ce fantasme de l’outil meilleur que tous les autres, c’est plus par facilité », observe Philippe Lacroix. En pratique, un outil tout-en-un souffre d’une complexité qui l’empêche de s’adapter aux enjeux métier précis de chaque organisation.

Beaucoup d’entreprises et d’organismes de formation ont déjà un ERP ou TMS (Dendreo, Ypareo, Lucca…), parfois un outil auteur, une brique de signature électronique, un SIRH. Ce qu’ils cherchent en 2026, ce n’est pas un LMS qui remplace tout, c’est un LMS qui se connecte à leur écosystème existant sans friction.

« La spécialisation des outils est bien comprise, mais ce qui préoccupe les grands comptes, c’est de pouvoir créer un écosystème logiciel intégré et cohérent », résume Philippe Lacroix.

C’est précisément l’axe de développement que Dokeos a choisi : des intégrations solides avec les outils que nos clients utilisent déjà, moins de ressaisies, des remontées d’informations automatiques, une navigation simplifiée, sans chercher à remplacer ce qui fonctionne déjà.

Ce que ça change pour choisir un LMS en 2026

Trois questions à poser à tout éditeur LMS, au-delà des démonstrations IA :

Quelle friction concrète votre IA résout-elle dans mon quotidien ? Pas une promesse générique sur la génération de contenus ou le coaching apprenant, mais un cas d’usage précis, avec une mesure de gain de temps ou de qualité.

Comment votre LMS s’intègre-t-il à mon écosystème existant ? SIRH, TMS, outil auteur, signature électronique : exiger une démonstration live des flux de données, pas une slide de présentation.

Qu’est-ce que mes équipes opérationnelles vont utiliser tous les jours ? Les exports, les relances, les tableaux de bord, les inscriptions en masse — c’est là que se joue la facilité réelle, pas dans les fonctionnalités avancées.

L’avenir du digital learning ne se joue pas à celui qui aligne le plus de fonctionnalités IA. Il se joue à celui qui comprend le mieux les usages réels, et qui construit autour d’eux.dien ?

Demandez une démonstration ou échangez avec un expert Dokeos.

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