En résumé Le rapport d’activité triennal 2023-2025 de l’ANDPC dresse un bilan sans détour : le marché du DPC se concentre autour d’organismes commerciaux plus solides, le distanciel s’impose durablement face au présentiel, et les contrôles qualité se durcissent. Pour les organismes de DPC, ces trois mouvements convergent vers une seule question : comment digitaliser sans perdre la capacité à prouver sa conformité.
Le chiffre résume tout à lui seul : en trois triennaux, le présentiel est passé de 70 % à 22 % des actions de DPC publiées. Ce qui était la norme du dispositif en 2017 est devenu, en 2025, une exception. L’Agence nationale du DPC vient de publier son rapport d’activité couvrant les années 2023-2025, et au-delà du bilan annuel, c’est une rétrospective sur trois triennaux qu’elle propose : dix ans de DPC, trois mutations qui redessinent le métier des organismes de formation en santé.
Un marché qui se resserre autour de moins d’acteurs, mais plus solides
Le nombre d’organismes de DPC (ODPC) actifs, ceux ayant publié au moins une action sur un triennal, a chuté de 1 732 en 2017-2019 à 974 en 2023-2025. Dans le même temps, le nombre d’organismes enregistrés a continué de croître, pour atteindre 2 842 fin 2025. Autrement dit : plus de candidats à l’entrée, moins d’acteurs qui tiennent la distance.
Ceux qui restent sont de plus en plus commerciaux. Les ODPC commerciaux représentaient 35,3 % des organismes actifs sur le premier triennal ; ils pèsent 50,8 % aujourd’hui, et concentrent à eux seuls 86 % des frais pédagogiques financés par l’Agence. Les associations et les établissements de santé, eux, se sont progressivement désengagés, faute de pouvoir répondre aux exigences méthodologiques, notamment sur la composition des conseils scientifiques.
Pour un organisme de DPC encore actif, le message est clair : la barre d’entrée dans le dispositif ne cesse de monter, et la concurrence se joue désormais entre acteurs structurés plutôt qu’entre une multitude de petites structures.
La fin programmée du tout-présentiel
Le deuxième mouvement de fond touche les formats. Le présentiel, qui représentait 70 % des actions publiées sur le premier triennal, ne pèse plus que 22 % aujourd’hui. Ce recul ne s’est pas fait au seul profit du e-learning : c’est le format mixte, combinant classe virtuelle et e-learning, qui tire la croissance, avec un nombre d’inscriptions multiplié par 10 entre les deux derniers triennaux.
La crise sanitaire de 2020 a joué un rôle d’accélérateur, mais la tendance ne s’est pas inversée depuis : les organismes qui proposent encore une offre exclusivement présentielle prennent le risque de ne plus correspondre aux usages réels des professionnels de santé, qui plébiscitent désormais des formats plus souples et accessibles.
Pour un OF, cela veut dire une chose concrète : la capacité à combiner présentiel, classe virtuelle et e-learning dans un même parcours n’est plus un différenciateur, c’est devenu une condition d’accès au marché.
Des contrôles qui ne pardonnent plus l’approximation
Troisième mouvement, et sans doute le plus structurant pour le quotidien des équipes : le durcissement des contrôles. Le taux de rejet des actions déposées en contrôle de conformité a plus que doublé, passant de 10 % sur les deux premiers triennaux à 26 % sur 2023-2025. Côté lutte contre la fraude, l’Agence a détecté 386 294 € de fraude en 2025, et 3,8 millions d’euros sur quatre ans.
Ce n’est pas un durcissement cosmétique. L’Agence a précisé ses fiches de cadrage, renforcé ses contrôles a priori et a posteriori, et signé une convention avec la Mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires. Pour un organisme de DPC, cela signifie que l’approximation documentaire, un conseil scientifique non mis à jour, une action mal tracée, coûte désormais beaucoup plus cher qu’il y a trois ans.
Une gouvernance qui change, une continuité organisée
Ce rapport ne tombe pas dans un calendrier neutre. Le 3 juin 2026, un arrêté conjoint a prorogé les orientations nationales prioritaires de DPC jusqu’au 31 décembre 2027 : le cadre du triennal 2023-2025 continue donc de s’appliquer sans rupture, le temps que la suite se mette en place. Concrètement, les organismes peuvent continuer à déposer des actions sur les orientations actuelles, et les inscriptions des professionnels de santé restent comptabilisées sur la période ouverte depuis janvier 2026.
Sur la gouvernance, le rapport ne laisse plus de place au doute : la gestion du DPC sera transférée de l’ANDPC vers un autre gestionnaire. La décision est actée par les pouvoirs publics, et Dominique Giorgi, directeur général de l’ANDPC, l’assume sans détour dans son édito : il souhaite que ses successeurs trouvent « la maison en ordre ». Seuls le calendrier précis et l’identité du futur gestionnaire restent à préciser. Ce mouvement s’inscrit dans la bascule plus large vers la certification périodique des professions à ordre, sur laquelle nous étions déjà revenus en détail : orientations prorogées, articulation avec le DPC, ce que ça change concrètement pour les organismes de formation en santé.
Digitaliser sans perdre la preuve
Ces mouvements, concentration du marché, essor du distanciel, durcissement des contrôles, transfert de gouvernance, convergent vers un même point de bascule : un organisme de DPC doit aujourd’hui s’appuyer sur un LMS DPC capable à la fois de digitaliser son offre et de prouver, à tout moment, sa conformité. Les deux exigences ne s’opposent pas, mais elles demandent des outils pensés pour les tenir ensemble.
C’est déjà le cas chez les clients Dokeos en santé : audit trail complet sur chaque action de formation, certificats expirables et paramétrables pour suivre les échéances de recertification, reporting exportable par apprenant et par parcours, audit clinique 100% digitalisé. Ce ne sont pas des ajustements de circonstance : ce sont les briques qui permettront, demain, d’alimenter la future plateforme individuelle de certification sans réorganiser tout son suivi dans l’urgence.
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Ce qu’il faut retenir
Le triennal 2023-2025 acte une maturité du DPC : moins d’acteurs mais plus solides, un distanciel généralisé, des contrôles qui ne laissent plus de place à l’approximation. Pour les organismes de DPC, la question n’est plus de savoir s’il faut digitaliser, mais comment le faire, avec quel LMS DPC, sans perdre la capacité à documenter sa conformité. Les organismes qui ont déjà structuré leur démarche qualité, via une certification Qualiopi solide, par exemple partent avec une longueur d’avance sur ce nouveau palier d’exigence.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le rapport d’activité triennal de l’ANDPC ?
C’est le bilan officiel publié par l’Agence nationale du développement professionnel continu, qui couvre trois années d’activité (ici 2023-2025) et les compare aux deux triennaux précédents (2017-2019 et 2020-2022).
Pourquoi le nombre d’organismes de DPC actifs a-t-il autant baissé ?
Parce que les exigences méthodologiques et de contrôle se sont renforcées à chaque triennal, poussant les structures les moins armées (associations, petits établissements) à se désengager, au profit d’organismes commerciaux plus structurés.
Le distanciel a-t-il remplacé le présentiel dans le DPC ?
Pas totalement : c’est surtout le format mixte, combinant classe virtuelle et e-learning, qui progresse le plus vite, avec des inscriptions multipliées par 10 entre les deux derniers triennaux.
Le transfert de gestion de l’ANDPC est-il confirmé ?
Oui. Le rapport d’activité l’indique sans ambiguïté dans son édito : la gestion du DPC sera transférée de l’ANDPC vers un autre gestionnaire. Le calendrier précis et l’identité du repreneur restent à préciser, mais le principe du transfert est acté par la décision gouvernementale.
Les orientations prioritaires du DPC 2023-2025 sont-elles encore valables en 2026 ?
Oui : un arrêté conjoint du 3 juin 2026 les a prorogées jusqu’au 31 décembre 2027, pour assurer la continuité du dispositif pendant la transition vers la certification périodique et le changement de gestionnaire.
Comment un organisme de DPC peut-il concilier digitalisation et conformité ?
En s’appuyant sur un LMS DPC qui trace réellement l’activité de formation — audit trail, certificats paramétrables, reporting exportable par apprenant — plutôt que sur des processus manuels difficiles à documenter en cas de contrôle.
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